FlashTaTu


Le personnage de FlashTaTu est né d’une réflexion sur le corps et l’espace augmenté. FlashTatu est un super héros qui a le pouvoir de numériser les P. I. G. S. – les People, Information, Goods and Spaces. Flash fait référence aux QR codes aussi appelés flash codes que l’on scanne à l’aide d’un téléphone mobile et qui renvoient à un url. TaTu rappelle l’origine tahitienne du mot tatouage : ta pour dessin et atouas pour esprit. Interpretation littérale mais aussi humoristique de l’individu augmenté et hypertexte, FlashTatu donne corps au zeitgeist bio-numérique. FlashTaTu navigue dans des univers parallèles, le physique et le numérique, et les met en relation. FlashTaTu est aussi un agent bio-politique qui se mêle des questions d’aliénation dans la ville augmentée. C’est un avatar, un médiateur, prétexte à des expérimentations sur les espaces hybrides – physiques et numériques.

Les activités mises en scène au cours de cette exposition qui réunit artistes, penseurs et innovateurs ont pour but de questionner l’identité des espaces hybrides de la ville – le corps est aussi un espace – et d’envisager les lieux hypertextes de demain.

Yasmine Abbas, Research & Design Direction
Marion Daeldyck, 3D design
Nadine Branellec, Research Assistant

Corps – technologie – habitat – peau – information – mobilité – néo-nomade – identités hybrides – espaces hybrides – hypertexte – interface – ecotone – architecture – urbain – numérique – augmenté

Body – technology – habitat – skin – information – mobility – neo-nomad – hybrid identities – hybrid spaces – hypertext – interface – ecotone – architecture – urban – digital – augmented

Invention va avec évolution

On transporte des graines sous les semelles des chaussures ou dans le pli des pantalons, toutes sortes de micro-organismes, de virus ou de bactéries. On n’arrête pas de les faire voyager. Et à la fois ça augmente la diversité localement, et à la fois ça met une certaine diversité indigène en difficulté. Pas toujours, mais parfois. Mais ce n’est pas une destruction. Les plantes et les animaux exogènes n’ont pas une action létale. Chimiquement, ils n’interviennent que très peu. Un poison chimique, ça c’est violent. Ça tue tout et ça détruit vraiment. Une plante qui vient d’ailleurs, même si elle prend de la place, elle ne détruit pas un milieu. Elle le transforme. Ce n’est pas la même chose. Il ne faut pas écouter ces discours actuels sur l’envahissement des espèces exogènes, qui visent à établir des principes d’éradication : on remet les étrangers à la frontière… C’est la même idée et c’est tout à fait inquiétant. Je ne travaille pas du tout dans ce sens-là. Depuis très longtemps, je dis que ce n’est qu’un point de vue culturel, un peu nerveux et mal fondé, très inquiétant dans la mesure où il est parfaitement raciste.
La diversité culturelle est similaire. De la rencontre d’êtres venus de partout naît un accroissement de la diversité culturelle locale, et donc des hybridations, de la même façon qu’il y a des hybridations avec les plantes et les animaux qui viennent d’ailleurs. Ce n’est pas forcément très rapide, ce n’est pas forcément fertile, mais c’est quelquefois très intéressant. La culture beur par exemple, avec tout un registre, une attitude, un langage, ça n’existe que chez nous finalement, ça n’existe pas dans les pays d’où sont originaires ces personnes. Je connais bien le Maghreb. Il n’y a pas de beurs au Maghreb. Cela a un intérêt pour ces raisons-là, ça ajoute quelque chose dans le processus de l’invention, qui va avec l’évolution.

Constance Heau, « Entretien avec Gilles Clément » dans Thierry Paquot et Chris Younès, Philosophie de l’environnement et milieux urbains (La Découverte, 2010) : p. 165