Pierre Huyghe’s magical milieu

PHuygue-zoodram4-2011
Pierre Huyghe, Zoodram 4, 2011 (d’après La Muse endormie de Constantin Brancusi, 1910). Collection Ishikawa, Okayama, Japon.

The first time I went to the retrospective exhibition of the work of French artist Pierre Huyghe at the Pompidou Center, a doorkeeper/butler asked for my name. Too surprised to decide if I should or not answer, I gave in… to then hear him announce “Yasmine” in a very loud voice. Nearby visitors looked at me smiling. I thought that the next time I’d go, I’ll say: “nobody” – the next time around though, the persona had disappeared.

Announced like a courtesan entering Versailles’ Hall of Mirror, I got identified in the social theater orchestrated by an invisible puppeteer. I became Jane in a media forest (1) where everything, work of art, props or people, actants and hypertexts, created a space as fluid as water in a fishtank. From a particular angle, for a suspended moment, I saw the mirrored image of the muse of Brancusi’s double, home to a hermit crab, who seemed to be gazing out, reflecting on her fate (See picture above). The curious hybrid shifted slowly, so I went, guided by a change in temperature. The meteorological architecture of the exhibit enables what architect Philippe Rahm calls a “geographical détournement” (Rahm, 2001). Transported elsewhere, beyond the surface of the ice-skating rink where a female dancer was shuffling the air, an electronic sound echoed that of cash registers. It must have been the ice-cold air temperature, with the entertaining tile-matching neon lights fixed to the ceiling, and kids interacting with the connected gaming device. I felt I had moved from Versailles to a supermarket.

Invited in Pierre Huyghe’s magical milieu (von Uexküll, 1934/new edition 2010) I experienced contemporary space which is, as described in Ito’s seminal essay (Ito, 2011), comparable to a media suit, fluid as water (when at room temperature) and connecting.

(1) After Toyo Ito’s essay:  “Tarzans in a Media Forest”

Digital – Biodigital

A diagram for a class I give at l’ESA on digital architecture based on the teaching of Antoine Picon who writes that digital culture caused architecture to enter a crisis of scale and tectonic and that architecture is seeing a renewal of ornament [1]. The ornament versus cosmetic argument comes from a text by Jeffrey Kipnis [2]. My interest in mobility and ecology leads me to believe that architecture is actually going beyond ornament, and that we have integrated to our digital manipulations molecular scale and structure. This is what constitute biodigital architecture. You see how both are linked. To be continued!

[1] Antoine Picon, Culture numérique et architecture – une introduction (Birkhäuser, 2010)
[2] Jeffrey Kipnis, “The Cunning of Cosmetics,” El Croquis 84 (1997): 22 – 28

Invention va avec évolution

On transporte des graines sous les semelles des chaussures ou dans le pli des pantalons, toutes sortes de micro-organismes, de virus ou de bactéries. On n’arrête pas de les faire voyager. Et à la fois ça augmente la diversité localement, et à la fois ça met une certaine diversité indigène en difficulté. Pas toujours, mais parfois. Mais ce n’est pas une destruction. Les plantes et les animaux exogènes n’ont pas une action létale. Chimiquement, ils n’interviennent que très peu. Un poison chimique, ça c’est violent. Ça tue tout et ça détruit vraiment. Une plante qui vient d’ailleurs, même si elle prend de la place, elle ne détruit pas un milieu. Elle le transforme. Ce n’est pas la même chose. Il ne faut pas écouter ces discours actuels sur l’envahissement des espèces exogènes, qui visent à établir des principes d’éradication : on remet les étrangers à la frontière… C’est la même idée et c’est tout à fait inquiétant. Je ne travaille pas du tout dans ce sens-là. Depuis très longtemps, je dis que ce n’est qu’un point de vue culturel, un peu nerveux et mal fondé, très inquiétant dans la mesure où il est parfaitement raciste.
La diversité culturelle est similaire. De la rencontre d’êtres venus de partout naît un accroissement de la diversité culturelle locale, et donc des hybridations, de la même façon qu’il y a des hybridations avec les plantes et les animaux qui viennent d’ailleurs. Ce n’est pas forcément très rapide, ce n’est pas forcément fertile, mais c’est quelquefois très intéressant. La culture beur par exemple, avec tout un registre, une attitude, un langage, ça n’existe que chez nous finalement, ça n’existe pas dans les pays d’où sont originaires ces personnes. Je connais bien le Maghreb. Il n’y a pas de beurs au Maghreb. Cela a un intérêt pour ces raisons-là, ça ajoute quelque chose dans le processus de l’invention, qui va avec l’évolution.

Constance Heau, « Entretien avec Gilles Clément » dans Thierry Paquot et Chris Younès, Philosophie de l’environnement et milieux urbains (La Découverte, 2010) : p. 165