WEBINAR: Interacting with a Digital ‘Person’: what impact(s) and implication(s) for identity?

Monday 20th June 2011
12.15pm-1.45pm French time (GMT +2)
Check the time in Paris (France) here.

Interacting with a Digital ‘Person’*: what impact(s) and implication(s) for identity?

*Note: a Digital Person is a non-human which can interact orally with humans such as computers, robots, GPS navigation systems, etc.

Organised by Fred Dervin (university of Turku, Finland) and Béatrice Fracchiolla (Paris 8, France; MSH Paris Nord), within the framework of the project “Anthropology of interactions with “digital individuals”: the example of GPS Navigators” (2010-2012), which is funded by the research centre Maison Sciences de l’Homme Paris Nord (Paris, France).

Speakers:

Yasmine Abbas (Neo-nomad research),
Georges Chapouthier (Research director at the CNRS in Paris, Centre Emotion -CNRS UMR 7593- Université Pierre & Marie Curie, Pitié-Salpétrière, Paris, France),
Mark Coeckelbergh (Department of Philosophy, University of Twente, the Netherlands) and
Jasper Michiel van Hemert (Senior User Experience Researcher, TomTom, The Netherlands).

The webinar will be broadcasted live here. The audience will have the opportunity to ask questions, interact with the speakers and share their own experiences.

Questions should be directed both to Fred Dervin: freder [at] utu [dot] fi  and Béatrice Fracchiolla: bearfrac [at] yahoo [dot] com.

Du décentrement

L’idéal de la cité grecque, selon l’helléniste Jean-Pierre Vernant, combinait la présence de l’espace privé, patronné par Hestia, déesse du foyer, et celle de l’espace public, patronné dès le seuil de la porte par Hermès, dieu du seuil, de la limite, des carrefours, des marchands et de la rencontre. Aujourd’hui le public se glisse dans le privé et Hermès a pris la place d’Hestia : il pourrait symboliser aussi bien la télévision, nouveau foyer de la demeure pourtant, que l’ordinateur, ou le téléphone portable. Cette substitution correspond à ce que le philosophe Jean-Luc Nancy a appelé une « crise de la communauté ». Sans doute pourrait-on parler à ce propos de “décentrement” : au décentrement du monde (avec l’émergence de nouvelles mégapoles et de nouveaux pôles de référence) s’ajoutent en effet le décentrement de la ville (focalisé vers ce qui lui est extérieur), le décentrement de la demeure (où l’ordinateur et la télévision prennent la place du foyer) et le décentrement de l’individu lui-même (équipé d’instruments de communication  — écouteurs , téléphones portables — qui le maintiennent en relation permanente avec l’extérieur et, pour ainsi dire, hors de lui-même).

Marc Augé, Pour une anthropologie de la mobilité (Manuels Payot, 2009) : p. 77 – 78