Le personnage de FlashTaTu est né d’une réflexion sur le corps et l’espace augmenté. FlashTatu est un super héros qui a le pouvoir de numériser les P. I. G. S. – les People, Information, Goods and Spaces. Flash fait référence aux QR codes aussi appelés flash codes que l’on scanne à l’aide d’un téléphone mobile et qui renvoient à un url. TaTu rappelle l’origine tahitienne du mot tatouage : ta pour dessin et atouas pour esprit. Interpretation littérale mais aussi humoristique de l’individu augmenté et hypertexte, FlashTatu donne corps au zeitgeist bio-numérique. FlashTaTu navigue dans des univers parallèles, le physique et le numérique, et les met en relation. FlashTaTu est aussi un agent bio-politique qui se mêle des questions d’aliénation dans la ville augmentée. C’est un avatar, un médiateur, prétexte à des expérimentations sur les espaces hybrides – physiques et numériques.

Les activités mises en scène au cours de cette exposition qui réunit artistes, penseurs et innovateurs ont pour but de questionner l’identité des espaces hybrides de la ville – le corps est aussi un espace – et d’envisager les lieux hypertextes de demain.

Yasmine Abbas, Direction artistique
Marion Daeldyck, Design
Nadine Branellec, Design

Corps – technologie – habitat – peau – information – mobilité – néo-nomade – identités hybrides – espaces hybrides – hypertexte – interface – ecotone – architecture – urbain – numérique – augmenté

Body – technology – habitat – skin – information – mobility – neo-nomad – hybrid identities – hybrid spaces – hypertext – interface – ecotone – architecture – urban – digital – augmented

PIGS stands for People, Information, Goods and Spaces… Preparing two lectures (it’s all in the book! Read it :-) that will happen at the Ecole Spéciale d’Architecture (ESA) in Paris, France – Architecture des milieux post-master (end of January) and Tokyo Denki University, Japan (mid February). The image above is an avant-goût. More details will come. Come say hello!

Image 1 _ Etienne-Jules Maray, Saut de l’homme en blanc, Chronophotographie sur plaque fixe, vers 1887 © Couval/musée Marey-Beaune

Image 2 _ May 1941. “ Dymaxion house, metal, adapted corn bin, built by Butler Brothers, Kansas City. Designed and promoted by R. Buckminster Fuller.” Medium format negative by Marion Post Wolcott.

Image 3 _ A random avatar picked for its visual quality.

Image 4 _ The Hug Shirt by Cute Circuit.

Image 5 _ Cécile de Cassagnac, Chose à l’anneau, 2009, aquarelle et encre sur papier 76 x 58 cm

Image 6 _ Cedric Price, Generator, 1976

– Mais vous êtes géographe ?
– C’est exact, dit le géographe, mais je ne suis pas explorateur. Je manque absolument d’explorateurs. Ce n’est pas le géographe qui va faire le compte des villes, des fleuves, des montagnes, des mers, des océans et des déserts. Le géographe est trop important pour flâner. Il ne quitte pas son bureau. Mais il y reçoit les explorateurs. Il les interroge, et il prend en note leurs souvenirs. Et si les souvenirs de l’un d’eux lui paraissent intéressants, le géographe fait faire une enquête sur la moralité de l’explorateur. [...] Donc, quand la moralité de l’explorateur paraît bonne, on fait une enquête sur sa découverte.
– On va voir ?
– Non. C’est trop compliqué. Mais on exige de l’explorateur qu’il fournisse des preuves. S’il s’agit par exemple d’une grosse montagne, on exige qu’il en rapporte de grosses pierres.

Antoine de Saint-Exupéry, Le petit prince (1946) : pp. 58 – 59


Currently writing a piece on hybrids and explaining why it is relevant to space analysis and design, architecture and urban. In fact hybrids embody what I label as “mental mobility”. They live in “ecotones”, in transition zones between two ecosystems, in fluid and liminal spaces. We often relate hybridity with power or with cosmic power. In the “spaces of flows” and in our “liquid society”, looking at hybridity, however fictitious – we are all hybrids after all – is a way to argue for a design that is open to re-assembly and re-configuration.

The photograph above is from a temple that I visited when in Sri Lanka. The Makara “has the lower jaw of a crocodile, the snout or trunk of an elephant, the tusks and ears of a wild boar, the darting eyes of a monkey, the scales and flexible body of a fish, and the swirling tail feathers of a peacock.”

I like this verb “to domesticate” – I translate it from the French “apprivoiser” (“domestiquer” also exists in French) as I read over again the Little Prince by Antoine de Saint-Exupéry. It made me think about social networking and love/friendship. Does facebook really help look for “chicks” or domesticate “foxes”? / Est-ce que Facebook sert vraiment à chercher des poule(t)s ou apprivoiser les renard(e)s ?

– [...] Tu cherches des poules ?
– Non, dit le petit prince. Je cherche des amis. Qu’est-ce que signifie “apprivoiser” ?
– C’est une chose trop oubliée, dit le renard, Ça signifie “créer des liens…”.
– Créer des liens ?
– Bien sûr, dit le renard. Tu n’es encore pour moi qu’un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n’ai pas besoin de toi. Et tu n’as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu’un renard semblable à cent mille renards. Mais si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde…”

Antoine de Saint-Exupéry, Le petit Prince (1946) – pp. 71 – 72 de l’édition de la collection Folio de Gallimard de 1999.

On transporte des graines sous les semelles des chaussures ou dans le pli des pantalons, toutes sortes de micro-organismes, de virus ou de bactéries. On n’arrête pas de les faire voyager. Et à la fois ça augmente la diversité localement, et à la fois ça met une certaine diversité indigène en difficulté. Pas toujours, mais parfois. Mais ce n’est pas une destruction. Les plantes et les animaux exogènes n’ont pas une action létale. Chimiquement, ils n’interviennent que très peu. Un poison chimique, ça c’est violent. Ça tue tout et ça détruit vraiment. Une plante qui vient d’ailleurs, même si elle prend de la place, elle ne détruit pas un milieu. Elle le transforme. Ce n’est pas la même chose. Il ne faut pas écouter ces discours actuels sur l’envahissement des espèces exogènes, qui visent à établir des principes d’éradication : on remet les étrangers à la frontière… C’est la même idée et c’est tout à fait inquiétant. Je ne travaille pas du tout dans ce sens-là. Depuis très longtemps, je dis que ce n’est qu’un point de vue culturel, un peu nerveux et mal fondé, très inquiétant dans la mesure où il est parfaitement raciste.
La diversité culturelle est similaire. De la rencontre d’êtres venus de partout naît un accroissement de la diversité culturelle locale, et donc des hybridations, de la même façon qu’il y a des hybridations avec les plantes et les animaux qui viennent d’ailleurs. Ce n’est pas forcément très rapide, ce n’est pas forcément fertile, mais c’est quelquefois très intéressant. La culture beur par exemple, avec tout un registre, une attitude, un langage, ça n’existe que chez nous finalement, ça n’existe pas dans les pays d’où sont originaires ces personnes. Je connais bien le Maghreb. Il n’y a pas de beurs au Maghreb. Cela a un intérêt pour ces raisons-là, ça ajoute quelque chose dans le processus de l’invention, qui va avec l’évolution.

Constance Heau, « Entretien avec Gilles Clément » dans Thierry Paquot et Chris Younès, Philosophie de l’environnement et milieux urbains (La Découverte, 2010) : p. 165

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